Ecole guinéenne : de l’urgence de la réforme des examens nationaux (Michel Pépé Balamou)

Ecole guinéenne : de l’urgence de la réforme des examens nationaux (Michel Pépé Balamou)

Vues : 14

L’un  des maillons faibles  de notre système  éducatif réside dans son incapacité  à  savoir  aider  les élèves  dans l’acquisition  des compétences nécessaires  pour réussir  aux différents examens nationaux  qui deviennent pour eux des mouroirs  et non des centres de transformation  d’âmes  et de façonneurs  d’avenir. Celui qu’on n’a  pas su aider à recevoir  un enseignement de qualité  pendant 8 mois, sera naturellement prédisposé  à  frauder aux examens nationaux organisés le 9ème mois de l’année  scolaire.

De ce point de vue,  nous devrons passer d’un  Ministère des examens nationaux  à un   Ministère de la création  des meilleures conditions d’enseignement et  d’apprentissage. Une équipe bien formée et bien outillée  produira des résultats et de grands résultats.

Paradoxalement,  on n’est même pas  à  un moins de cours, on nous parle de caméras de surveillance  et on demande aux chefs d’établissement de  remonter la liste des candidats  aux différents examens nationaux. Alors que  certains parents d’élèves  peinent à  inscrire  leurs enfants  à  l’école.

Pourquoi  cet empressement  dans l’élaboration des  listes de candidature aux examens nationaux session  2023❓

Nous pensons que beaucoup  de préalables  devraient être  évacués  avant toute démarche de ce genre. Les examens,  c’est  beaucoup d’argent.  Allez comprendre le reste.

Parmi ces préalables, on peut citer :

■ L’opérationnalisation de l’office national du Baccalauréat. Tout était mis en place.     Il restait juste le projet de décret portant nomination  de ses membres.

Les gens sont entrain de  piétiner sa mise en œuvre  qui pourrait  piétiner  certains intérêts financiers  officieux.

■ L’instauration  d’une  2ème session de rattrapage   pour les candidats  du Baccalauréat ayant obtenu une moyenne  variant  entre 8,00  et 9,99. Cela se fait dans tous les pays du monde où  on fait l’examen du Baccalauréat.

■ Création  de Baccalauréats technique,  professionnel et industriel.  Les admis seront directement orientés dans les écoles techniques et professionnelles  qui ne doivent pas être des écoles de seconde chance mais de première  chance au même  titre que les universités.

■ La biométrie pour tous les candidats des examens nationaux pour éviter les cas de substitution  et d’autres formes de fraude,  de falsification de documents, d’usurpation d’identité  et de saignée financière. Elle est une source de production de listes de candidats  fiables et sécurisées.

■ La suppression de l’examen du certificat d’études élémentaires  (CEE) trop budgétivore (45 % du budget des examens nationaux), sources d’enrichissement  illicite via la surfacturation  des coûts de  matériels,  de centre fictifs  et autres dépenses fictives.  Alors que ce diplôme n’a  aucune valeur ajoutée pour le candidat.

■ La création  des jurys régionaux  de correction du baccalauréat  pour éviter que tous les correcteurs se retrouvent à  Conakry.

■ Le rétablissement temporaire  du secrétariat  en attendant  une meilleure appropriation   des techniques d’utilisation des nouvelles feuilles d’examen et des stickers  qui ont été préjudiciables  à  beaucoup de candidats.

■ L’audit des copies des candidats  pour détecter les vraies causes de cet échec massifs des élèves aux examens nationaux  session 2022 et situer objectivement les responsabilités.

■ Rehausser les primes  en lien avec les examens nationaux.

■ Publier les résultats sur l’audit des téléphones  saisis sur les candidats et les sanctions pénales infligées sur eux pour éviter  la récidive en 2023.

En agissant ainsi en amont, on évitera en aval la fraude aux examens nationaux session 2023. La pire des fraudes n’est pas celle qui se passe dans les salles d’examens, mais celle commise par le système par la manipulation des notes et des résultats.

Dans un pays, lorsque c’est le système même qui est chargé de lutter contre la fraude qui devient champion dans cette fraude, il y a lieu de marquer une pause et de changer de paradigme au risque de détruire le peu d’acquis scolaires des dix dernières années.

Michel Pépé Balamou secrétaire général du SNE (syndicat national de l’éducation)

À ne pas rater !
Abonnez-vous à notre newsletter

Recevez les dernières informations dans votre boite mail !

Adresse e-mail non valide
Essayez. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Résoudre : *
3 + 17 =