Guéckédou : à la découverte des péages en bois, qui servent de ponts

Guéckédou : à la découverte des péages en bois, qui servent de ponts

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Au sud de la Guinée se trouve la ville de Guéckédou située à 650 km  de Conakry la capitale. Face à l’absence de l’Etat pour assurer le minimum : routes et ouvrages connexes, eau, électricité… les citoyens se débrouillent pour survivre. Les ponts payant en bois constituent une preuve de cette situation.

Au centre-ville, non loin du marché central, se trouve une vaste plaine traversée par un important cours d’eau appelé Boya. Pour rallier les quartiers Nyalenko et Bafila Ben à partir dudit marché, il fallait faire un détour qui prenait assez de temps aux piétons. Mais depuis plusieurs années (nous n’avons eu aucune date) des groupes de personnes se sont constitués en association et sont parvenus à doter la localité de quatre ponts. Faits en bois, ils sont soutenus par des poutres dont certains sont des barres de fer.
Nous sommes allés à la rencontre du gérant d’un de ces ponts pour savoir comment ils fonctionnent.

Au bout des planches, se présente une maisonnette en tôles traversée par le pont. A l’intérieur, nous trouvons Ibrahima. Originaire de Dinguiraye, il travaille là depuis le mois d’août 2020 lorsqu’il est rentré du Libéria situé juste à quelques kilomètres de là. Il nous explique que l’aménagement de ces ponts vise à aider les populations qui étaient confrontées à des difficultés dans leurs mouvements au quotidien. Il assure que celui qui veut contourner la plaine, doit débourser 2500 francs en moto à l’aller et 2500 au retour.  Cependant, lorsqu’on passe par l’un des ponts, on ne dépense que 1000 francs (aller et retour).  Ibrahima assure le service 7 jours sur 7 de 6h à 19h00. Mais son travail n’est pas sans difficultés. Pour la monnaie, Il fait face à un manque de petites coupures qui occasionne des altercations avec des usagers.  Selon lui, certains lui présentent 20.000 pour 500 francs. Cela veut dire qu’il est  obligé de restituer 19.500 francs aux clients D’autres lui lancent carrément à la figure qu’ils n’ont pas d’argent alors que les ponts ont besoin d’entretien et le gérant a une famille à nourrir.
Malgré tout, Ibrahima prend très au sérieux son service et contribue ainsi avec les initiateurs du projet à faciliter la vie à bon nombre de citoyens dont des femmes qui utilisent ces passerelles pour se rendre au marché.

Pour rappel, Guéckédou, autre fois ville prospère a sombré dans une extrême pauvreté après les attaques rebelles de décembre 2000 qui ont encore leurs séquelles dans ce pays Kissi.

Mamadou Sow

 

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