Les larmes de Pr  Bano, symbole du naufrage du système éducatif guinéen

Les larmes de Pr  Bano, symbole du naufrage du système éducatif guinéen

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Pr Bano est, incontestablement, l’intellectuel le plus chevronné qui a pris la tête du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation ces deux dernières décennies.

Pr Bano, rappelons-le, est un sociologue, enseignant-chercheur de très grande renommée. Il est l’un des très rares ministres qui fut l’unanimité dès sa nomination.

Ceux qui, par le passé, ont fait l’unanimité, tels Justin Morel JUNIOR, Elhadj Ousmane SOUARE, Kalifa Gassama DIABY, Abdoulaye Yéro BALDE,…ne l’ont été qu’après qu’on les ait vus à la tâche. Quant à Pr Bano, il avait déjà fait ses preuves dans le milieu universitaire très compétitif en qualité d’enseignant-chercheur respecté et adulé tant bien par les étudiants que ses collègues, mais aussi et surtout, consultant pour plusieurs institutions ou organisations internationales, Vice-Recteur chargé de la recherche à l’Université Général Lansana CONTE de Sonfonia, acteur de premier rang de plusieurs réformes de l’éducation nationale (commission nationale de réflexion sur l’éducation guinéenne, commission de recensement des fonctionnaires de l’éducation,…) et conseiller du Président de la République chargé de l’enseignement supérieur.

Par-dessus-tout, Pr Bano a réussi à fédérer tous les acteurs, même les plus antagonistes, au tour de lui (syndicats, fédération de parents d’élèves, association des écoles privés,…). Il a même réussi à faire signer un pacte de stabilité et de quiétude au sein du système éducatif par certains d’entre eux qui, auparavant, étaient jugés très bouillants tel Aboubacar SOUMAH, Secrétaire Général de l’aile dure du SLECG.

Sans oublier que Pr Bano est l’un des hommes de confiance des PTF (Partenaires Techniques et Financiers). L’AFD, l’UNICEF, l’UNESCO, la Banque Mondiale, la GIZ, Plan International, les Ambassades de France, d’Italie, de Russie,…se bousculent quotidiennement devant les portes du MENA. Car, ils ne doutent point de ses compétences, de sa moralité et de sa bonne volonté à réformer l’éducation guinéenne.

Mais, tout ceci, n’est que la face visible de l’iceberg. Le mal est plus profond qu’on ne puisse l’imager. Depuis les années 2000, voire bien avant, l’école guinéenne connaît une descente aux enfers ahurissante et sans précédent. Malgré les différentes réformes engagées, le désastre s’amplifie d’année en année sous l’œil impuissant de nombreux acteurs conscients et observateurs avertis.

La véritable cause de cette déliquescence à outrance n’est ni financier, ni matériel, ni humain. La cause la plus profonde et ravageuse tel le virus de la pandémie Corona est, sans doute, l’im-mo-ra-li-té. Il n’est pas sans savoir que l’immoralité conduit à l’irresponsabilité, l’irresponsabilité orchestre l’inconscience, l’inconscience provoque l’insouciance, l’insouciance cause le manque de patriotisme, le manque de patriotisme mène au désastre ou naufrage. Car, dans ce contexte, chacun pense à soi au détriment de la NATION.

La corruption, la gabegie financière, la mal gouvernance, le laisser-aller, l’affairisme, le clientélisme, la démagogie et la médiocrité deviennent monnaie courante, voir même, dans le cas guinéen, une norme sociale tolérée et encouragée. Tels sont, aujourd’hui, les maux qui gangrènent l’école guinéenne.

Face à ce constat alarmant, le très doué, Pr Bano BARRY ne pouvait s’empêcher de fondre en larmes en pleine interview. Car, toute personne consciente sait que l’éducation est la pierre angulaire de tout développement. C’est « l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. », dixit l’emblématique, Nelson Mandela.

Face à ce chaos, il n’y a qu’une seule et unique solution : donner feu vert au Ministre Bano de choisir des hommes et des femmes compétents, intègres, visionnaires et patriotes qui vont l’épauler dans sa noble mission de refondation du système éducatif guinéen.

Quand un navire chavire et que l’équipage à bord est incapable d’aider le commandant à sauver les passagers, il faut dépêcher un renfort d’hommes forts afin d’éviter le pire.

Aboubacar Mandela CAMARA

Sociologue/Enseignant-Chercheur/Consultant en éducation/Auteur

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